Une promesse devenue réalité


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mercredi 2 avril 2025
Diocèse de Guadeloupe

Chaque semaine, sur les réseaux sociaux, le groupe « Veilleurs d’Amour » animé par des jeunes issus pour la plupart de l'externat Saint-Joseph de Cluny de la Jaille, auxquels se sont joint d'autres jeunes de notre diocèse, partagent des réflexions collaboratives très inspirantes sur leur spiritualité, la Parole de Dieu, la vie du chrétien, ou tout simplement sur l’actualité à la lumière de l’Evangile. Ils s'emploient ainsi à maintenir leur foi allumée, mais aussi celle de leur lecteurs. Nous publions, avec leur accord, l’une de leurs dernières contributions. C’est édifiant.

Nous voici avec un sujet original proposé par l’un d’entre vous : “ Nous avons une religion qui est née du judaïsme. Tout l’Ancien Testament raconte l’histoire de Dieu avec les juifs, le peuple choisi pour le jour du salut.  Est-ce que cela vous fait vous sentir proche des juifs ? Si ce n’est pas le cas, est-ce que vous ne croyez pas que cela suppose de vraies relations avec eux ? Moi je crois qu’ils ne peuvent pas qu’être une histoire pour nous, ils doivent être une réalité.” (Samuel).

Vous le savez maintenant, nous avons parmi nous un maître sage qui manie les mots et la théologie comme personne d’autres…Si vous êtes nouveau parmi nous, enchanté nous vous présentons Mathieu.  Pour commencer cette réflexion, il a tenu à nous faire un rappel historique des relations entre le christianisme et le judaïsme. (Nous ne partagerons ici qu’une partie de son écrit mais nous vous invitons grandement à le lire entièrement à la fin de ce message):

Depuis les origines du christianisme, la relation entre l’Église et le peuple juif a suscité des interrogations profondes et parfois douloureuses. Jésus lui-même, juif par naissance et par culture, s’est inscrit dans la tradition d’Israël, reprenant les Écritures, priant les psaumes, annonçant un Royaume attendu depuis des siècles. Pourtant, le christianisme a très tôt pris une voie distincte, affirmant que la Nouvelle Alliance accomplissait la première, tandis que le judaïsme persistait dans son attente messianique.

À travers l’Alliance avec Abraham, puis avec Moïse et David, Israël devient le témoin de Dieu dans le monde. La Loi, les prophètes et les Écrits sapientiaux sont autant d’étapes de cette révélation, préparant la venue du Messie. Le Christ ne vient pas abolir cette première Alliance, mais la mener à son accomplissement : “Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.” (Mt 5, 17)

Ainsi, tout le christianisme repose sur la promesse faite à Israël. Jésus s’inscrit dans la continuité des patriarches et des prophètes, et l’Église naît d’abord au sein même du peuple juif, avant de s’ouvrir aux nations. Là où le christianisme proclame que le Messie est venu, le judaïsme l’attend encore. Cette divergence semble irréconciliable, et pourtant elle inscrit juifs et chrétiens dans une même dynamique d’espérance.

L’histoire a trop souvent vu les chrétiens considérer le judaïsme comme un vestige révolu ou comme un adversaire. L’antisémitisme, sous toutes ses formes, est une négation du lien profond entre l’Église et Israël. Le Concile Vatican II, dans Nostra Aetate, a rappelé que “les juifs restent très chers à Dieu” et a rejeté l’idée d’une culpabilité collective du peuple juif dans la mort du Christ.

Un véritable dialogue judéo-chrétien ne peut être fondé ni sur un syncrétisme dilué, ni sur un prosélytisme maladroit. Il s’agit de reconnaître les différences irréductibles, mais aussi les points communs essentiels :

  • Une même foi en un Dieu unique et personnel
  • Une même lecture des Écritures
  •  Une même espérance d’un règne de justice et de paix

Ce dialogue ne doit pas nier l’annonce du Christ, mais il doit se faire dans le respect du mystère de Dieu.

D’ailleurs, Erika est la preuve vivante que ce dialogue est possible : “J'ai une amie Juive, ils nous arrivent souvent de parler de Dieu comme étant l'appui de nos vies mais nous ne parlons jamais de nos pratiques religieuses. Nous n'avons pas instauré de règles ou autre à ce sujet. A tel point que j'en avais même oublié qu'elle était juive. C'est en écrivant ce message que je me suis interrogée sur les personnes de mon entourage qui pouvaient l'être que je me suis rappelée qu'elle l'était. Pourtant, si dans mon entourage on m'avait demandé des personnes qui croient en Dieu et avec qui je me sens à l'aise d'en discuter j'aurais probablement pensé à elle. Alors je ne dirais pas que je me sens proche des juifs, ou d'une autre religion, mais je me sens proche des personnes qui croient en Dieu”.

Ainsi, pour que cette relation soit une réalité pour nous, il est primordial de bien comprendre l’un, afin d’avoir les bases pour comprendre l’autre.  Comme l’a bien résumé notre ami Mathieu, “en étant juif on n’est pas chrétien mais en étant chrétien on est forcément un peu juif”. Dès lors, le chrétien ne peut ni mépriser Israël, ni le considérer comme une simple figure du passé. Il est appelé à vivre cette relation dans la reconnaissance, l’humilité et l’espérance. Loin d’être un chapitre clos, Israël est une présence vivante dans l’histoire du salut, et sa place dans le dessein divin est une énigme que seul l’avenir dévoilera pleinement.

Les Veilleurs d’Amour

Pour aller plus loin:

-        En marche vers dimanche: https://youtu.be/WiPz_eIOoHk?si=7DpLbhuYqQuwRGn5

-        Catholiques, Juifs, Musulmans: quand trois représentants religieux se rencontrent: https://www.youtube.com/watch?v=bo8QWIlYoeA

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